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La perte d’audition, une déficience difficile à vivre au quotidien

Des préjugés tenaces

Signe extérieur de vieillesse pour les uns, signe révélateur de faiblesse mentale pour les autres, la malentendance souffre depuis des siècles du poids de préjugés tenaces. « Dans l’imaginaire populaire, l’aveugle est celui que l’on plaint, le sourd celui dont on rit, constate le professeur Bruno Frachet, Chef du service ORL à l’Hôpital Avicenne AP-HP Bobigny, et président de l’association FrancePresbyAcousie. La connotation est tenace ». Elle a surtout des conséquences douloureuses pour des personnes qui préfèrent encore régulièrement dissimuler leurs défauts d’audition et tenter de compenser les déficiences plutôt que de s’appareiller et de prendre le risque de s’exposer aux regards et railleries. Avec une perte moyenne de 33 décibels qui n’affecte pas encore la conversation au quotidien, seulement 10% des malentendants sont appareillés. Ils sont 55% avec une perte moyenne de 45 décibels, avec laquelle les difficultés de compréhension sont bien plus difficiles à masquer.

 

Une gêne sociale grandissante

Ce poids d’un regard extérieur nourri de clichés s’accompagne d’une difficulté réelle à communiquer avec son environnement social. La presbyacousie entraîne en priorité une perte des fréquences aiguës, celles qui composent principalement la voix humaine. Une personne presbyacousique moyenne âgée de 60 à 70 ans aura une baisse moyenne de 60% sur ces fréquences aiguës et seulement 10% sur les fréquences graves. En découle une difficulté grandissante à distinguer les consonnes (portées par moins d’énergie dans la voix, et donc moins perceptibles que les voyelles). Puis les voix chuchotées, les dictions accélérées et certaines voix familières se brouillent à leur tour. Cette gêne à entendre entraîne une difficulté croissante à communiquer. « Le malentendant perd une forme de spontanéité puisqu’il est obligé de discerner le propos de son interlocuteur avant de le comprendre et de lui répondre », atteste Jens Kofoed de l’association France PresbyAcousie. Les souffrances psychologiques et la tentation d’un isolement croissant sont les résultantes aussi naturelles que redoutables de ces situations de gêne sociale.

 

La perte d’audition, un risque d’exclusion sociale à combattre

Enquêtes et études scientifiques confirment et corroborent ces constats d’isolement et d’exclusion. Des enquêtes de la Direction générale de la Santé en 2003 éclairaient également un lien entre la presbyacousie et la fréquence des accidents domestiques. Les études démontrent de même l’importance de la prise en charge pour prévenir et limiter ces risques. Une étude du CNRS menée dans la région lyonnaise auprès de plusieurs centaines de malentendants a récemment montré que le sentiment de dépression diminuait nettement au bout de six mois chez ceux qui s’étaient appareillés. Par ailleurs, une récente étude à l’initiative du Grap (Groupe de recherche Alzheimer Presbyacousie), conduite entre 2004 et 2007, montre de son côté que le risque de développer une maladie dégénérative de type Alzheimer serait 2,48 fois plus élevé chez les sujets atteints de surdité qui ressentent une gêne sociale importante.

 

 

 

Source : Dossier de presse « L’appareillage auditif en France : toujours un tabou ? » - Association France PresbyAcousie - 24/11/2010  

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