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L’Aphasie, un handicap social bien réel

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L’Aphasie est un trouble du langage suite à une lésion cérébrale,pouvant entraîner des difficultés pour parler, comprendre, lire et écrire. Toute personne peut devenir aphasique, quel que soit son âge, du jour au lendemain, à la suite d’une lésion cérébrale. Cette lésion cérébrale peut être de différentes natures : Accident Vasculaire Cérébral, traumatisme crânien ( lors d’un accident de la route, d’une chute), tumeur cérébrale ou autres causes plus rares comme une infection par exemple.

Qu’est-ce que l’Aphasie ?

On parle d’Aphasie quand un individu a perdu totalement ou partiellement la capacité de communiquer, c’est-à-dire de parler ou de comprendre ce qu’on lui dit. Les spécialistes du langage, les orthophonistes, font une différence entre la parole et le langage. Si un individu éprouve des difficultés d’articulation, de prononciation, on dira qu’il a un trouble de la parole. S’il éprouve des difficultés à choisir ses mots, à les combiner pour faire des phrases ou même à comprendre leur sens, on dira plutôt qu’il a un problème de langage.

L’Aphasie est d’abord un trouble du langage auquel s’ajoute souvent un trouble de parole ; elle entraîne des troubles tant dans l’expression que dans la compréhension du langage.

Souvent l’aphasique n’arrive même plus à nommer des objets, ne retrouve plus le nom des personnes qu’il connaît, ne peut même pas répondre clairement par oui ou non.

Les personnes aphasiques ne peuvent plus, ou alors avec difficulté : • parler • comprendre • lire • écrire

L’Aphasie porte atteinte à la vie quotidienne des personnes aphasiques et de leurs familles pour : converser • téléphoner • regarder la télévision • écouter la radio • lire le journal • écrire des lettres, remplir des formulaires • faire des calculs • se ‘’débrouiller’’ dans un lieu inconnu.

Mais attention, l’Aphasie n’est pas la conséquence d’une surdité ou d’un trouble des organes de la parole.

Qui peut être aphasique ?

Toute personne peut devenir aphasique, quel que soit son âge, du jour au lendemain, à la suite d’une lésion cérébrale. Cette lésion cérébrale peut être de différentes natures.

Les maladies cérébro-vasculaires : Accident Vasculaire Cérébral

Première cause, il y a atteinte des vaisseaux, le début est en principe brutal. Les lésions sont bien localisées, elles s’accompagnent de tableaux cliniques très précis.

Les infarctus cérébraux : Occlusion d’une artère soit à la suite d’athérosclérose, soit à la suite d’une embolie.

• Les hémorragies cérébrales : Environ 10 à 15 % des A.V. C. C’est la rupture d’une artère, suite à une hypertension artérielle, à une malformation vasculaire comme l’anévrisme.

Autres causes

Les tumeurs : (multiplication anormale des cellules) le méningiome de nature bénigne, le gliome, les métastases cérébrales.

Les traumatismes crâniens : une lésion localisée par contusion ou par hématome, un polytraumatisme avec coma.

Les causes infectieuses, inflammatoires : abcès rares, encéphalite (Sida, Herpès)

Les démences : elles comportent des troubles du langage, mais les problèmes sont très différents, vu l’atteinte de la mémoire, la prépondérance des troubles cognitifs; ce sont la maladie d’Alzheimer, les démences vasculaires. À noter : l’aphasie spéciale de Mesulam progressive sans démence.

La récupération varie en fonction de divers facteurs dont les principaux sont :

• la cause et l’étendue de la lésion cérébrale

• la présence ou l’absence de troubles associés, en particulier l’existence d’une hémiplégie (paralysie de la moitié du corps) crée une difficulté supplémentaire

• la motivation et la volonté du patient

• les modalités du traitement entrepris

Quelles sont les conséquences de l’Aphasie?

L’accident cérébral est toujours brutal, et en quelques secondes la vie bascule : vous ne pouvez plus communiquer. On disait autrefois de cet accident, que le « pépé» ou la « mémé » avait fait une attaque, et on laissait la personne dans son coin, isolée.

Combien de familles s’entendent encore dire qu’il n’y a rien à faire; quand on ne place pas le patient dans un hospice inadapté, où il sombre dans l’isolement total.

Seule la rééducation permet de récupérer. Les exemples sont très nombreux d’aphasiques « condamnés » qui reparlent, réécrivent, voyagent, revivent. Il faut se battre! Avec une Aphasie, c’est la vie familiale qui est totalement perturbée, le soutien psychologique est nécessaire pour tous. La reconstruction d’une nouvelle vie doit être accompagnée. Or la plupart du temps le soutien psychologique est insuffisant en France et il faut le développer.

Dans un premier temps, il faut leur expliquer ce qui se passe, mais il faut ensuite l’aider à accepter la nouvelle personne avec qui ils doivent vivre. Ce n’est pas évident pour des enfants par exemple, de comprendre que leur père ne sait plus parler, plus lire, plus compter, ne sait plus nécessairement jouer avec eux. Le conjoint doit assumer toutes les taches. Les rôles peuvent être inversés et cela peut être mal vécu, parfois avec agressivité. Les problèmes de réinsertion sociale posés par le handicap pour une personne âgée et pour une personne de trente ans sont différents. Peu d’aphasiques peuvent reprendre une activité professionnelle.

L’Aphasie, un handicap social

Cet handicap n’est pas encore assez reconnu auprès des organismes, du grand public et des médias, et cela pose souvent des problèmes. Un travail est en cours pour cela au niveau européen. Les aphasiques ont besoin de sortir de leur isolement et de participer à la vie collective. Or lorsqu’on explique ce qu’est l’Aphasie, les interlocuteurs découvrent pratiquement toujours qu’ils ont entendu parler ou connaissent sans le savoir des personnes aphasiques …et souvent sans que les aphasiques eux-mêmes mettent un nom sur leur handicap. Peu de gens savent par exemple que Baudelaire fut aphasique, et plus près de nous, Michelangelo Antonioni, Kirk Douglas, Jacques Martin … Chaque année en France, 155 000 personnes sont victimes d’un AVC, 30 000 d’entre elles deviennent aphasiques. Les AVC constituent, dans notre pays, la troisième grande cause de mortalité et la première cause de handicap acquis.

Plus d’informations : Fédération Nationale des Aphasiques de France – www.aphasie.fr – Tél 04.76.97.50.82